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Live reports / 08.03.2017

Jimmy Burns

Quand Jimmy Burns commence son concert par Leaving here walking, premier titre de son magnifique premier disque du même nom sur Delmark en 1996, on se dit que la soirée s’annonce bien. Il confirme en enchaînant sur un des titres phare du deuxième album “Night Time Again” et en revenant sur le premier avec une version orchestrée de Miss Annie Lou, une de ces chansons où il était seul à la guitare et au chant qui faisaient traîner le disque en longueur. Non content de l’orchestrer, il donne à Xavier Pillac (g), Antoine Escalier (b) et Fabrice Bessouat (dm) l’espace pour un solo chacun. Le trio l’a déjà accompagné en tournée il y a quelques années et le connaît donc bien, prêt à resserrer les boulons partout où il le faut, parce que Jimmy, avec la facétie que l’âge et l’expérience autorisent, joue avec la set list, sollicite Xavier Pillac à des moments pas forcément prévus, prolonge ses solos ou les morceaux eux-mêmes selon ses envies du moment, bref, joue le rôle qu’on attendait de lui, celui du bluesman authentique, denrée rare aujourd’hui.

 


Xavier Pillac

 

Après quelques originaux, le premier set part dans une série de reprises pas toutes heureuses, Everyday I have the blues, The sky is crying, I’m ready, que Jimmy sauve du chaos par des portions de solos de guitare scattés au chant, des relances vocales très rythmées et une bonne humeur confondante. Le son est là, Xavier Pillac est, à la demande de Jimmy, le principal fournisseur de solos de guitares, tous pertinents, la salle du Temps des Crises est bondée, tout va bien.

 


Antoine Escalier

 


Fabrice Bessouat

 

À la mi-temps, le discours de l’entraîneur dans les vestiaires a dû porter, car le deuxième set démarre sur un niveau supérieur avec Shake for me suivi d’incursions dans le répertoire du dernier disque “It Ain’t Right”, le morceau titre, le soul blues Snaggletooth mule avec un joli passage en “call and response” entre les deux guitares, et la reprise de Stand by me, jouée plus lentement que sur le disque et là encore au bord du gouffre. Retour au deuxième disque avec un Monkey time bien senti et le moment du départ arrive bien vite. Le rappel est annoncé sur Messin’ with the kid mais c’est finalement avec Stop the train du CD “Back To The Delta”, que Jimmy joue assis, que cette soirée très agréable se termine.

Saluons Dominique Bouillon et son modèle associatif qui permet d’organiser de si beaux concerts dans un endroit inattendu.

Texte et photos : Christophe Mourot